Conférences avec Yôichi Kotabe
Festival international du film d'animation d'Annecy 2019

Yôichi Kotabe était l’invité d’honneur du Festival international du film d'animation d'Annecy 2019. Du 10 au 15 juin, l’animateur a participé à différentes conférences durant lesquelles il est longuement revenu sur sa carrière et son compagnonnage avec Isao Takahata et Hayao Miyazaki notamment.
Nous avons assisté à toutes ces conférences et en avons tiré ce long entretien carrière.

Xavier Kawa-Topor : Personnalité majeure du cinéma d’animation, M. Kotabe est né en 1936. Il fait des études d’arts, et en 1959, à l’âge de 22 ans, il rejoint le studio d’animation de la Tôei (Tôei Dôga) qui ambitionne à l’époque de produire régulièrement des longs métrages d’animation pour les enfants et de devenir le Walt Disney de l’Asie.

Dans le cadre de ce studio, M. Kotabe rencontre d’autres très grandes figures qui ont révolutionné l’art de l’animation : Isao Takahata, Hayao Miyazaki et le directeur de l’animation Yasuo Ôtsuka en particulier, avec lesquels et d’autres, va se mettre en place une véritable ambition pour l’animation et une école de l’animation japonaise, portée par une excellence dans le mouvement et dans le travail de la caractérisation des personnages en particulier.

Il serait aussi bon d’aborder quelques titres de la carrière de M. Kotabe : Le prince garnement terrasse la grande hydre (Wanpaku-ôji no Orochi-taiji, 1963), Horus, prince du soleil, première réalisation de M. Takahata et un tournant majeur dans l’histoire du long métrage d’animation, Le chat botté (1969), Les joyeux pirates de l'île au trésor (Dôbutsu Takarajima, 1971), deux parfaites réussites et de grands moments d’animation.

Au seuil des années 70, M. Kotabe, comme ses compagnons de route, va être amené a quitté la Tôei et à travailler sur un projet important, les 2 moyens métrages Panda, petit panda (1972 et 1973), également mis en scène par Isao Takahata. Ils sont aussi la matrice d’un nouvel ensemble d’œuvres qui va suivre et qui va permettre à ses compagnons de s’exprimer et de révolutionner le domaine de la série animée.

La première de ces séries, c’est Heidi (1974). Une série bien connue en France, même si elle n’a jamais été présentée que de façon mutilée (il faudra un jour pouvoir lui rendre hommage dans sa version originale). Seconde série, Marco / 3 000 lieues en quête de mère (Haha wo Tazunete Sanzenri, 1976), suivit par Anne, la maison aux pignons verts (Akage no An, 1979), à laquelle M. Kotabe ne collaborera pas.

Il y aura ensuite d’autres rendez-vous réguliers avec M. Takahata et M. Miyazaki, notamment avec Nausicaä de la Vallée du Vent (1984), auquel M. Kotabe apporte un renfort déterminant, ainsi que Le tombeau des lucioles (1988), deux grands films de la période Ghibli.

C’est cette carrière et ce long compagnonnage que M. Kotabe va nous faire partager aujourd’hui.


Propos enregistrés le 10 et le 14 juin 2019.
Entretiens menés par Xavier Kawa-Topor et traduits par Ilan Nguyên.